kuopio finland vue du ciel

RÉCIT DE VOYAGE : DES FINNOIS ET DES RUSSES -PARTIE 1

Samedi 30 juillet : nous faisons route vers la Mongolie. Nous sommes à bord d’un train chinois qui rallie Moscou à Pékin. Nous avons quitté Irkoutsk tôt ce matin. Dans le wagon il n’y a pas foule. Dehors le paysage dessine une plaine vide s’étendant à perte de vue. Nous avons bel et bien quitté la Taïga. Tout est calme. Aussi calme que les paysages scandinaves que nous traversions il y a un mois. Il y a 30 jours, nous laissions derrière nous les îles Lofoten pour rejoindre la Finlande par la Suède que nous n’avons fait que traverser ; près de 900 kilomètres parcourus en deux jours pour atteindre Rovaniemi, la ville du Père Noël.

tempere finland

La Finlande ne ressemble pas du tout à la Norvège. Les paysages y sont plus monotones mais les gens nous ont paru bien plus accueillants. Nous avons passé notre première nuit en Couchsurfing au sud de Rovaniemi. Taïna, son mari et leurs sept enfants nous ont ouvert leur maison et nous avons fait l’expérience du sauna pour la première fois. Complètement nus, nous avons pénétré dans ce sauna traditionnel chauffé au feu de bois. A l’intérieur, le thermomètre indiquait une température de 110°C. Au début, nous avions du mal à le croire, mais lorsque l’air a commencé à brûler nos muqueuses nasales, nous n’étions plus aussi sceptiques. Etourdis au bout de cinq minutes à peine, nous nous sommes rafraîchis avec une douche froide attenante au sauna. Nous avons retenté l’expérience plusieurs fois, faisant quelques va-et-vient entre cette minuscule pièce irrespirable et la salle de bain familiale. Tous les finlandais n’utilisent pas leur sauna aussi chaud et ils sont nombreux à se contenter d’un plus confortable 80°C. Nous n’avons pas été ménagés. Heureusement une bière bien fraîche nous attendait à la fin de cette brûlante expérience.

Le lendemain, nous avons continué vers le sud pour nous arrêter dans la région des mille lacs, à kuopio. Toujours accueillis en Couchsurfing, nous avons séjourné chez Joukö, un soixantenaire fort sympathique au sens de l’humour bien aiguisé. Après un mois de voyage, cette deuxième étape finlandaise fut l’occasion de nous poser enfin, de prendre le temps de vivre et d’abandonner la voiture pour quelques heures. Kuopio est construite au milieu d’une vaste étendue d’eau. Une visite en haut de la tour Puijo permet de se faire une idée de cet environnement particulier. C’est presque comme si la région était en crue. Les lacs laissent échapper à leur surface des îlots de taille variable et pour circuler, le bateau semble le moyen de transport le plus approprié. En été, ce cadre attire de nombreux touristes finlandais qui passent leur journée sur les plages. Comme eux, nous avons larvé sur les berges, amusés par les scènes de « beaufitude » identiques à celles que nous aurions pu voir au même moment à Palavas-les-flots. Un petit goût de vacances après ces longs kilomètres parcourus.

helsinki couleurs

La principale attraction de Kuopio est un grand sauna à fumée traditionnel sans cheminée. Le bois est brûlé dans un grand poêle et la fumée emplit la pièce. Lorsque le sauna est assez chaud, le feu est éteint et la fumée est ventilée. La chaleur résiduelle du poêle est suffisante pour la durée du sauna. A cause de la fumée, les murs, les fenêtres et les bancs sont noirs. A l’intérieur il fait très sombre. La coutume veut que les usagers alternent séances de sauna avec quelques brasses dans le lac d’à côté. Nous nous sommes prêtés avec plaisir à ce jeu à la fois amusant et relaxant. Après quelques cinq ou six allers/retours, une bière bien fraîche et des douches de rigueur, nous sommes repartis satisfaits par cette expérience du folklore local.

Nous avons laissé Kuopio, Joukö et le smoke sauna pour rejoindre Tempere une ville plus au sud. Nous y avons poursuivis notre expérience du couchsurfing chez Sara, jeune femme adorable et parlant un français quasi irréprochable. Nous nous sentions bien chez elle et en Finlande en général, peut-être parce que le rythme s’était ralenti, peut-être aussi parce que nous sentions à ce moment-là que notre périple en voiture touchait à sa fin. Finie la pression des kilomètres à parcourir, bientôt nous allions aborder le voyage sous un nouvel angle : endosser nos gros sacs à dos, marcher au lieu de rouler, transpirer nos kilos d’affaires utiles et inutiles, nous sentir plus libres, et peut-être regretter un peu la perte de notre véhicule. Tout a une fin. A ce moment-là, nous pensions que nous serions heureux de vivre celle-là.

A Tempere, nous avons pris le temps de visiter cette ancienne ville industrielle qui a su intégrer les vestiges de ses vieilles cheminées de brique au sein d’un centre ville plutôt moderne. Avec Sara nous avons passé des moments simples. Nous avons profité d’une baignade dans les eaux rafraîchissantes du lac au coucher du soleil et en compagnie des habitants du coin. Elle nous a également beaucoup appris sur la culture finlandaise et notamment les mœurs des adolescents et jeunes adultes comme leur propension à l’alcoolisme. Apparemment le « binge drinking » est une pratique courante en Finlande. Nous comprenons mieux avec ces explications, la réflexion que Taïna nous avait faite quelques jours auparavant. Selon elle et de nombreux finlandais a priori, une bonne soirée, c’est une soirée dont on ne se souvient pas. Je vous laisse imaginer. 

helsinki jeune hard rock

Nous avons passé les trois derniers jours de notre périple scandinave à Helsinki en compagnie de mes parents venus nous rejoindre pour récupérer leur véhicule ; trois jours de visite de cette capitale à dimension humaine dont le centre ville se traverse en 20 minutes, montre en main. Au programme : visite d’églises et de l’île de Suomenlinna, petit tour du marché sur le port, verres en terrasse et bons restaurants. Simple mais efficace. Notre séjour à Helsinki fut également l’occasion de réviser le contenu de nos sacs à dos évidemment trop lourds pour continuer la suite du périple. Malgré tout, nous n’avons pas regretté d’abandonner notre véhicule pour poursuivre la route en train.

Nous avons traversé la frontière russe le 13 juillet : notre premier vrai passage de frontière avec les formalités d’usage qui ont été facilitées depuis la mise en service de la ligne de train rapide. Nous n’avons donc pas du tout galéré, ni attendu, les contrôles étant effectués à bord du train en marche de part et d’autre de la frontière. Ce fut plutôt une bonne surprise compte-tenu de notre a priori vis-à-vis de l’administration et des services russes. Mais après avoir traversé le pays, nous avons ravalé notre enthousiasme : la rigidité du système russe n’est pas un mythe et la communication, lorsque l’on n’est pas russophone, est véritablement complexe.

Il est 18 heures passées, nous sommes toujours à bord du train chinois qui nous mène à Oulan-Bator. On vient de s’arrêter à Naouchki, ville frontière avec la Mongolie. Les contrôles d’usage commencent. Les douaniers passent dans les compartiments. Ils n’ont pas l’air de plaisanter. Nous leur remettons nos passeports et comprenons que l’attente risque d’être longue. Le chef de bord nous indique que nous pouvons descendre du wagon. Une attente interminable. Les minutes deviennent des heures, il est bientôt 22 heures. Nous n’avons toujours pas récupéré nos passeports. Des policiers montent à bord pour effectuer une fouille des compartiments. Ils sont accompagnés de chiens. Les grands moyens. Nous aurions presque l’impression d’avoir quelque chose à nous reprocher. On trouve ça un peu poussif, et il nous tarde d’en voir la fin mais nous ne râlons pas, et nous plions à ce que les officiers nous demandent. Nous voulons sortir de Russie sans esbroufe ; jusque-là tout s’est plutôt bien passé. 22H30 : on nous rend enfin nos passeports, le train repart et nous pensons à ce qui nous attend du côté mongole : de nouvelles formalités douanières…

Histoire de voyage – Texte de Blandine Host et photo de Michael Garrigues – 2011

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